par Elizabeth CALVI, ostéopathe DO et Michèle LAGANNE, sage-femme

Introduction

Chez la femme enceinte, la prise de poids, l’hyperlordose, l’hyperlaxité ligamentaire, et la distension des muscles abdominaux favorisent des contraintes au niveau des lombaires et du bassin. Le centre de gravité change en permanence entrainant une augmentation de la lordose et une antéversion du bassin. Les tensions au niveau des ligaments et des muscles du bassin s’intensifient et altèrent la posture. La lombalgie est ainsi un des motifs de consultation les plus importants chez la femme enceinte, surtout pendant le dernier trimestre de la grossesse.

Cependant, les solutions pour la soulager sont assez limitées. Le recours à l’allopathie est fortement surveillé à cause des nombreuses contre-indications et risques. L’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) prévient les professionnels de santé que l’utilisation des Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) est contre-indiquée chez la femme enceinte à partir du début du sixième mois de grossesse (24 semaines d’aménorrhée révolues), même en prises ponctuelles. Seul le paracétamol peut être administré durant toute la grossesse.

Il faut donc trouver d’autres moyens pour soulager les douleurs des femmes enceintes. Des travaux récents dans le domaine de l’acupuncture donnent des résultats encourageants. Guerreiro Da Silva et al. et Kvorning et al. ont en effet montré que l’acupuncture diminue de manière significative les lombalgies et les douleurs pelviennes des femmes enceintes. Celles-ci pourraient continuer à pratiquer une activité physique et diminuer les prises d’antidouleurs.

C’est dans la continuité de ce type d’étude que nous nous interrogeons sur la pertinence d’une prise en charge ostéopathique de la lombalgie de la femme enceinte.

Cet article est paru dans son intégralité dans Revue de Médecine et Technologies nouvelles, janvier 2011, 25-27.
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